RANDONNéE : 5 CONSEILS POUR UN PREMIER BIVOUAC EN MONTAGNE

Une petite aventure, à rebours du confort et de la facilité de la vie moderne. L'été, le bivouac en moyenne montagne en l'occasion rêvée de s'immerger le temps d'un jour et d'une nuit dans un environnement sauvage et préservé. Avec amis ou enfants, on y redécouvre des expériences simples et savoureuses. Sauter le pas est bien plus facile qu'il n'y paraît.

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Partez léger

Dans le milieu montagnard, on plaisante souvent sur les tailles respectives des sacs du guide et de son client : minimaliste pour l'un, surchargé pour l'autre. Le premier travers du néocampeur est en effet souvent d'en emporter trop, et en conséquence de s'infliger un sac lourd et encombrant.

Il faut chercher à bannir de son sac à dos de bivouac les objets suivants :

  • Confort inutile pour une nuit : sandales, livre, déodorant, brosse à cheveux, crème visage, savon et même brosse à dents (on se rattrapera au retour) ;
  • Le matériel doublon : une deuxième paire de chaussettes, un deuxième pull, un deuxième réchaud... ;
  • Le matériel étiqueté «ça servira peut-être» : trépied d'appareil photo, lunette d'astronomie, appeau pour attirer les oiseaux... il s'agit d'un bivouac en montagne, pas d'une sortie nature et découverte.
  • La nourriture trop volumineuse : pastèque, melon, boite de conserve, paquets de gâteaux… Leur préférer des aliments denses et déshydratés.

Alors, de quoi avez-vous besoin ? En mode ultra-minimaliste, juste d'un sac de couchage et de suffisamment d'eau pour deux jours. Plus raisonnablement, on ajoutera une tente légère et compacte (les modèles imposants pour le camping sont à éviter), un matelas gonflable, une frontale, un combo dîner/petit déjeuner et une trousse de secours. Et pour se sentir vraiment à l'aise, on emportera en sus un change, un pull et un oreiller gonflable. Le niveau de confort dépend finalement de votre objectif (observation de la nature, moments entre amis, photographie…) et de votre envie de porter ou non un sac lourd.

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N'ayez pas peur

Les obstacles qui empêchent de partir bivouaquer sous tente ou à la belle étoile sont davantage imaginaires que réels. Il s'agit surtout de franchir le fossé entre le confort de la vie quotidienne et la rusticité d'une nuit en montagne. À condition de choisir le bon moment et le bon endroit, la moyenne montagne ne sera pas un lieu hostile.

Les bruits de la nuit sont presque toujours anodins : vent qui siffle sur la tente, cris d'oiseaux en chasse... il faut se réhabituer à ces sons et laisser son imagination de côté. Les loups n'attaquent pas l'homme, et les sangliers et renards n'approcheront du campement que si des restes de nourriture y subsistent.

La météo, en revanche, devra être surveillée, un orage présentant un danger si vous campez près d'un sommet. La pluie seule demeure inoffensive, à condition de disposer d'une tente imperméabilisée.

Prenez enfin garde à la température. La nuit, la différence avec la journée est saisissante, et le mercure descend sous les 10 degrés. Les plus frileux prévoiront un sac de couchage adapté.

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Choisissez le bon lieu

Pour un néophyte, choisir le bon endroit où passer la nuit n'est pas si évident. Certains espaces naturels encadrent les zones et les périodes où il est possible de s'installer : à proximité des refuges, de 19h à 9h, voire seulement à la belle étoile… S'il n'existe pas de réglementation spécifique, il faut en principe demander l'autorisation au propriétaire du terrain, mais en montagne, cette règle est peu appliquée. On peut alors s'installer où bon nous semble : près d'un torrent ou d'un lac pour disposer d'eau fraîche, au sommet d'une montagne pour un point de vue incomparable, dans la forêt pour contempler la faune… Quoi qu’il en soit, placer l'ouverture de sa tente face au soleil levant garantit un réveil chaleureux.

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Déconnectez et observez

Pourquoi être ailleurs quand il suffit d'être là, ici et maintenant ? Le bivouac est l'occasion de se couper de la masse de distractions et d'informations qui sature d'habitude nos journées. En montagne, la philosophie demeure simple : marcher, regarder, écouter, échanger, plus tard aménager le campement, préparer le dîner, dormir.

Ces tâches élémentaires offrent l'occasion d'un contact sans interférence avec notre environnement. Profitons-en pour remiser le smartphone au fond du sac, et ne pas délaisser l'instant présent en consultant nos notifications. Certes, le temps en montagne semble parfois lent et ennuyeux, comparé à la promesse d'une dopamine digitale. Il faut accepter l'ennui et apprendre à le meubler autrement : rencontre avec des inconnus, observation des alentours, réparation du matériel, lecture… autant d'antidotes à la nomophobie !

Respectez les lieux

De trop nombreux bivouacs se déroulent sans considération pour le milieu qui les accueille. La présence humaine doit demeurer aussi neutre que possible pour les espèces végétales et animales qui y vivent. Exit donc, les enceintes qui distribuent les décibels ou l'utilisation abusive de drones qui perturbent de nombreuses espèces. Prenez aussi garde à la réglementation concernant le feu de camp, prohibé dans de nombreux espaces sensibles (réserves naturelles, parcs nationaux…). Si son usage est toléré, veillez à ne pas surtout scier les branches d'arbres vivants mais à vous contenter de bois morts, et à réutiliser d'anciens foyers.

«Ne laissez d'autre trace que celle de vos pas» dit l'adage au marcheur. Au petit matin, l'intégralité des déchets doit être emportée avec soi. Laissez le coin toilette exempt de tout papier nauséabond (enterrer ses offrandes étant la meilleure démarche, associée à l'usage de papier hygiénique biodégradable). Une fois les sacs prêts, le seul souvenir de votre passage doit être celui de l'herbe couchée.

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