LES DIFFICULTéS DE COUPLE QU’UNE PSYCHOLOGUE OBSERVE LE PLUS SOUVENT DANS SON CABINET

L’amour ne disparaît pas toujours dans le fracas d’une grande dispute. Souvent, il s’érode avec le temps et les mauvaises habitudes. Sur une publication Instagram du 9 février 2026, la psychologue Morgane Chevallier détaille les problématiques qui reviennent le plus souvent dans son cabinet. Derrière l’insatisfaction amoureuse, elle observe que ce sont parfois des comportements subtils qui finissent, à bas bruit, par fragiliser le lien. Parmi ces comportements, la psychologue en détaille quatre.

Le manque de gestes attentionnés

On a tendance à croire que ce sont les disputes, les tensions ou les mots trop durs qui finissent par briser une relation. Pourtant, nuance la psychologue, «c’est davantage l’absence d’émotions positives envers son partenaire que la présence d’émotions négatives qui prédit le divorce».

Autrement dit, ce ne sont pas uniquement les conflits qui fragilisent le lien, mais l’effacement progressif des marques d’amour. Au fil du temps, les attentions, les compliments, les gestes tendres se font plus rares. Et lorsque ces signaux disparaissent, la connexion s’épuise, laissant davantage de place aux frustrations. «Il est donc essentiel de cultiver les émotions positives (…) pour renforcer et faire durer sa relation», insiste-t-elle. 

Une communication qui s’effrite

La psychologue pointe également une dégradation progressive de la communication : «On parle peu et quand c’est le cas on ne s’entend pas». Avec le temps, certains couples préfèrent éviter les discussions sensibles, convaincus que les choses finiront par s’apaiser d’elles-mêmes. Mais les silences accumulés laissent des traces. À force de non-dits, le dialogue se fragilise jusqu’à devenir presque impossible.

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Et lorsque les partenaires décident enfin d’aborder le problème, l’échange est déjà parasité. Les critiques fusent, les reproches s’installent, le point de vue de l’autre est rarement reconnu comme légitime. La conversation glisse alors vers une dynamique d’attaque et de contre-attaque où chacun cherche davantage à «gagner» qu’à comprendre.

Le contrôle “aversif”

Lorsque la communication s’appauvrit, d’autres réflexes prennent le relais. Certains couples s’installent alors dans ce qu’elle nomme des comportements aversifs répétés : critiques à tout va, reproches lancés au détour d’une phrase, sarcasmes qui piquent plus qu’ils ne font rire. Peu à peu, ces mécanismes qui nourrissent l’aversion voire la répulsion remplacent le dialogue. On ne parle plus pour comprendre, mais pour corriger, pointer, faire réagir.

Les couples insatisfaits, précise la psychologue, utilisent souvent ces stratégies pour tenter de faire changer leur partenaire. Or, là encore, l’effet obtenu est souvent l’inverse de celui recherché. Ces remarques répétées provoquent retrait, résistance et ressentiment. À force, les partenaires deviennent «tendus et à l’affût du moindre détail qui déclenchera le prochain conflit». L’échange n’est plus un espace de rencontre, mais une zone à risque. Chaque mot peut être mal interprété, chaque silence suspecté. Et loin de rapprocher, ces dynamiques finissent par installer une distance silencieuse.

Les croyances négatives

Enfin, Morgane Chevallier évoque «des croyances dysfonctionnelles sur l’autre qui biaisent l’interprétation de ses intentions». Lorsque le dialogue s’appauvrit et que les marques d’affection se raréfient, certaines pensées s’installent insidieusement : «Il le fait exprès», «elle s’en fiche», «il/elle ne changera jamais». Peu à peu, chaque geste est ainsi interprété «à travers un filtre négatif» et «le lien s’abîme, parfois sans même que le couple ne s’en rende compte». Les difficultés ne sont plus perçues comme des maladresses ponctuelles ou des erreurs de communication, mais comme le reflet d’un défaut profond de la personnalité de l’autre. Cette lecture rend les partenaires pessimistes quant à l’évolution possible de la relation.

À force d’attribuer les tensions au caractère de l’autre, l’idée même de changement semble illusoire. Le fossé se creuse alors silencieusement. À l’inverse, les couples plus satisfaits tendent à relier leurs difficultés à des comportements modifiables, y compris les leurs. Une nuance essentielle : voir un problème comme un déséquilibre relationnel à corriger plutôt que comme une fatalité ouvre la voie à l’amélioration et au changement.

Sortir des automatismes relationnels

En résumé, 4 comportements augmenteraient, selon la professionnelle, la probabilité de séparation : «la critique, le mépris, une attitude défensive, puis le retrait». Face à ces mécanismes, Morgane Chevallier invite à ne pas laisser la frustration et la rancœur s’installer durablement. «Si vous rencontrez des problèmes récurrents dans votre relation, n’attendez pas trop longtemps pour consulter», écrit-elle. Entamer une thérapie de couple permet alors de mettre en lumière ces automatismes relationnels, souvent inconscients, et de recréer un espace de sécurité. Un lieu où chacun peut s’exprimer sans crainte d’être attaqué, où la parole circule à nouveau et où l’écoute redevient possible.

Car, rappelle-t-elle, «ce qui distingue les couples satisfaits des couples insatisfaits, ce n’est pas la nature des conflits, mais les stratégies utilisées pour les résoudre». Les relations qui durent ne sont pas celles sans heurts, mais celles où l’on choisit de faire face ensemble, avant que le silence et les reproches ne prennent toute la place.

2026-02-20T06:52:00Z